Ecole des parents : Comment comprendre un adolescent amoureux ?

Ce hors-série, consacré à L’état amoureux à l’adolescence, reprend les actes du colloque de Fil Santé Jeunes organisé le 14 octobre 2013 par l’EPE d’Ile-de-France, en partenariat avec l’INJEP. Le premier amour, les différences filles-garçons, la rupture et les transformations induites par les nouveaux modes de communication : tous ces thèmes sont abordés par des psychiatres et psychanalystes de renom (Philippe Jeammet, Didier Lauru, Annie Birraux, Jean Chambry, Benoît Virole…), par la philosophe Anne Dufourmantelle, la sociologue Yaëlle Amsellem-Mainguy, et étayés par l’expérience des écoutants-rédacteurs du dispositif Fil Santé Jeunes. Pour compléter leur analyse, L’Ecole des parents propose une sélection des meilleurs livres et films sur les amours adolescentes, une enquête sur leur impact au sein des familles ainsi qu’un reportage sur l’association Le Refuge, qui accueille de jeunes homosexuels rejetés par les parents.

David Le Breton "l’adolescence meurtrie"

Cette conférence a été enregistrée à Montpellier à la Maison Des Adolescents de l'Hérault le Vendredi 12 décembre 2014 pour l’émission "Allez savoir !"  sur Radio Pays d'Hérault.
David Le Breton est anthropologue et sociologue. Membre de l’institut universitaire de France, il est également chercheur au laboratoire « Culture et sociétés en Europe ».

 

Les conduites à risque sont des manières ambivalentes de lancer un appel aux plus proches, à ceux qui comptent. Elles témoignent de la résistance active du jeune et de ses tentatives de se remettre au monde. En dépit des souffrances qu’elles entraînent, elles possèdent un versant positif, elles favorisent la prise d’autonomie du jeune, la recherche de ses marques, elles sont un moyen de se construire une identité. Elles n’en sont pas moins douloureuses dans leurs conséquences à travers les blessures ou les morts qu’elles entraînent. Mais la souffrance est en amont, perpétuée par une conjonction complexe entre une société, une structure familiale, une histoire de vie.
Ces épreuves que les jeunes s’infligent répondent à cette nécessité intérieure de s’arracher à soi-même et de renaître meilleur. Ce sont des rites intimes, privés, autoréférentiels, insus, détachés de toute croyance et tournant le dos à une société qui cherche à les prévenir.